Entre rocher et neige… « il y a plus de saison ma pov’ Lucette ! » 2-3/03/2019

Entre rocher et neige… « il y a plus de saison ma pov’ Lucette ! » 2-3/03/2019

Samedi 2 mars 2019, 8h05, une belle équipe de lascars et lascardes se retrouve à Uriage et va bon train. Piolets affutés, et doudounes déballées, nous voilà fort attelés à préparer les cordées.

L’objectif du samedi est simple : s’enjailler de rocher, de neige ou de glace, en acheminant notre carrosse jusqu’à la Grave, où nous passerons ensuite la nuit.

Le groupe se divise alors immédiatement en deux catégories : les gens qui iront faire « Beurre-Sucre » à Vaujany (goulotte/glace), plan on ne peut plus alléchant et rassurant, et ceux qui se lanceront à l’attaque des arêtes de la Bruyère, derrière le col du Lautaret, plan pour le coup plutôt joueur et aléatoire. Comme on dit chez nous : surprise du chef !

Noé, dans la première longueur en glace (4) de « Beurre-Sucre » (Grandes Rousses)
Approche en ski des Arêtes de la Bruyère (Cerces) – à droite les arêtes

Alors que nous laissons Noé, Oscar et Nicolas s’occuper avec attention du Su-sucre, deux heures plus tard nous voilà derrière le col de Lautaret, au virage du Pont de l’Alpe, où nous retrouvons Victor. Et hop, idée farfelue et soleil tapant, à 10h30 tout le monde a quitté le parking. Nous formons 4 cordées de deux, avec nos chers guides Ben et Victor, Anouk du GEAN, puis Antonin, Océane, Margaux, Meije et moi. Parmi nous, deux raquettistes, une constante inconnue des conditions de l’arête, et la certitude de finir à la frontale, comme tout montagnard qui se respecte et qui se lance à 10h30 dans une course estivale en plein début du mois de Mars.

L’approche se déroule sans encombre. Puis il est temps de se lancer à l’assaut du rocher… On hésite, crampons ou non, doudoune ou maillot de bain… dés qu’on est à l’ombre ou au vent, on est en pleine hivernale. Alors que dés que l’on passe sur le versant au soleil, on se croirait à la plage en plein mois d’août…. (Enfin, une plage à 2500 mètres d’altitude, et avec du caillou comme on l’aime dans les Alpes).

Océane sur l’arête, mi-hivernale mi-estivale

On tire quelques longueurs, puis place à la corde tendue pour évoluer rapidement et agréablement sur l’arête. Les cordées se talonnent tantôt, puis se laissent distancer à d’autres moments. En milieu de traversée, alors que Océane et moi on retrouve tout juste les cordées de Victor et de Ben (respectivement avec Meije et Antonin), le temps change brusquement, les nuages et le brouillard menacent, annonçant indéniablement une tempête. On range tous les maillots de bains, on ressort les doudounes, et la neige arrive…

La fin de la traversée, sous la tempête

Victor et Meije font des aller-retours sur la fin de l’itinéraire pour repérer la ligne de rappel. On fini par les rejoindre, et on se retrouve vite de nouveau les pieds dans la neige, armés de nos fidèles crampons et piolets.
Raquettistes que nous sommes, Océane et moi prenons la poudre d’escampette. Les autres nous rejoindront en ski fort rapidement.
Au fur et à mesure que l’on descend, la tempête se lève, et découvre une surprise de taille (la surprise du chef, comme annoncée dans le menu!) : il ne fait même pas encore nuit !!


Bref, voilà une mission rudement bien menée. Entre rocher, chaleur des tropiques, et tempête de neige glaçante, nous voilà de retour le soir à la Grave afin de festoyer cette journée hors du commun et hors de la saison (en se réchauffant les doigts à l’aide du radiateur, cela va de soit !).

Ben cherche ardument dans le topo des Goulottes l’argument clé qui nous permettra de faire la grasse-matinée le lendemain … 😉 Il a réussi, réveil 6h.

Une bonne douche, une bonne soupe de saison, un plat de pâtes fort conséquent, un petit briefing concernant les cordées du lendemain et les itinéraires de goulottes dans lesquelles nous nous lancerons, et tout le monde file au lit, liquidé et poncé par les aventures du jour.

Le jeu du dimanche est encore plus fun que celui du samedi : trois groupes, trois itinéraires dans les Têtes de Sainte-Marguerite, et à qui ira le plus haut dans les pentes de neige raides des goulottes ? (sans se ruiner en cordelette, évidemment!)

Antonin et Nicolas iront dans le « Petit Sillon », pour un enchaînement goulotte/ski.
Ben, Noé, Anouk et Meije prévoient de faire « Mongolito » (et finiront par faire « Retour aux Sources », après un demi-tour condi dans « Mongolito », et une défaite à la course en raquettes pour être les premiers dans les « Canailles »), tandis que Victor, Océane, Margaux, Oscar et moi jetons notre dévolu sur « La Compagnie des Glaces ».

Antonin à l’attaque de « Petit Sillon »
Antonin dans la sortie de « Petit Sillon »
Océane et Margaux dans les premières longueurs de « la Compagnie des Glaces »
Oscar dans une des longueurs grimpantes de « La Compagnie des Glaces »

Dimanche 3 mars 2019, 16h10 au parking, bilan de la journée dans « La Compagnie des Glaces » : un retour dans les terres hivernales (promises ?), beaucoup de mètres de dénivelé dans la neige avec des anneaux de buste, beaucoup de rappels (pour descendre les beaucoup de mètres de dénivelé, forcément), quelques pitons et cordelettes abandonnés aux relais pour la postérité, mais … une sacrée partie de plaisir tous ensemble ! De nombreux rappels de manips et de technique de goulottes, quelques petits ressauts teigneux et un ou deux très beaux coincements de piolets. Des sourires, et du bon temps !

Je vous rassure, ne vous inquiétez pas pour les autres, tout le monde s’est fait plaisir comme jamais ! 😉

Bref, faites de la goulotte et du caillou en plein hiver, vous savez pas à qui vous avez affaire !!!

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Thibault, pour les équipes Espoirs Jeunes Alpinistes Isère 38
Photos Thibault et Nico

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