Directe de la face sud de la Meije : voie Pierre Allain avec Christophe Moulin 3 et 4/09/2016

Directe de la face sud de la Meije : voie Pierre Allain avec Christophe Moulin 3 et 4/09/2016

50ansTout commence par la réception d’un message de Giovanni au beau milieu d’un après-midi de boulot qui trainait en longueur. « Regarde tes mails, vite » Rien que l’objet du dit mail annonçait la couleur : « Meije face N, le Z avec Christophe Moulin », dans le cadre des 50 ans du Promontoire et de l’opération « 50 jeunes au sommet de la Meije ». Christophe Moulin celui dont on avait dévoré le livre Solos, au milieu de notre boulimie de livres de montagne, Bonatti, Messner et consorts… Et la voie du Z, un mythe. C’était donc noël avant l’heure : on nous proposait de faire cordée avec Christophe pour les images que souhaitait faire le cinéaste Pierre Petit pour son film le doigt de Dieu. Un petit mail, une petite semaine d’attente sans trop y croire, le nombre de candidats possibles, toutes les équipes jeunes du CAF, étant forcément conséquent, et forcément tous devaient être interessés.

Finalement, nous partirons dans la Pierre Allain. Le Z est trop sec en cette fin de saison. Ca reste une voie mythique que nous avons hâte de parcourir à notre tour. Nous serons donc 5 avec Christophe : Julien et Benoit, tous les deux pyrénéens, les meilleurs en blagues, Benoit ancien des groupes espoirs et Julien ancien du GEAN, pas non plus le plus mauvais donc ! Ensuite Nico de la Haute-Savoie, groupe sous la houlette de Philippe Batoux dit Batman, et enfin Giovanni et moi, cordée inséparable, ayant commencés tous les deux l’alpi l’année dernière : le groupe Espoir Isère nous a donné une motiv’ d’enfer pour sortir quasi tous les week-end cette année !

Le RDV est donné à 9h à la Grave. Nous arrivons donc à 9h05, la fleur au fusil : « Bougez vous, la prochaine benne est dans 5min, la ratez pas celle d’après est dans 2h » Gros coup de speed, on chope la benne. Et nous voila à la gare intermédiaire pour ensuite monter par les Enfetchores au refuge du Promontoire, dont c’est les 50 ans. On peut se détendre. Enfin le temps de peaufiner les sacs, car ensuite ça bourrine dans l’approche. La montée par les Enfetchores est animée, surtout par les pyrenéens, c’est l’occasion de se connaitre ! Sous la brèche de la Meije

3h30 plus tard, nous voilà au Promontoire. Il fait beau, on est bien sur les canapés en terrasse. Presque comme à la plage, on retrouve le caméraman et le preneur de son, à l’aguet de chacune des interventions des célébrités locales, notre guidos, et Fredi et Nathalie Meignan les gardiens, battant encore cette année leur record de fréquentation.

Le lendemain deux autres cordées nous suivront dans la Pierre Allain.  Tout commence par deux rappels et une courte approche de nuit sur le glacier des Etancons, nous rappelant que même si l’on va passer la majorité de la journée en chaussons en face sud, c’est de la montagne cette affaire ! (comme si on en doutait encore avec ces sacs sur le dos, seul Moulinos arrive à faire rentrer le Vieux Campeur dans un 15L…)

On grimpe, ou plutôt on court dans les longueurs, faut pas trainer ça fait presque le kilomètre cette face ! Dans chacune on tente de reconnaître les indications du topo, heureusement que l’on est avec quelqu’un qui connaît son affaire…A vue c’est pas la même, et la cordée pyrénéo-savoyarde en fait les frais : un peu derrière, retrouver l’astucieux itinéraire des anciens n’est pas donné. Même si ce n’est jamais dur, il y a quelques sections grimpantes, on admire le culot des ouvreurs, traçant cette directe avec seulement 3 pitons…

Après la section "fauteuil"

On arrive au sommet à 16h, un horaire pas vraiment spectaculaire, deux cordées de 3 ça met le temps ! A la Meije, on ne comprend que trop bien l’adage « au sommet, il reste la moitié de la course »… La traversée déroule, mais les nuages déboulent, et l’on a été prévenu par Fredi, ce soir c’est la tempête…C’est beau, c’est aérien, et quelques heures plus tard, on est à la rimaye. Pendant que les derniers font les rappels, et que le vent dépasse les vitesses autorisées, le ciel se teinte de rouge à l’ouest, et nous réchauffe pour quelques instants. On arrive au refuge de l’Aigle à la nuit. Il est tard, on décide de rester dormir, car la descente de l’Aigle est suffisamment pénible pour ne pas l’effectuer de nuit avec le vent qui se déchaîne !Au sommet!

Le lendemain matin pendant la descente, on continue de remplir notre tête de beaux souvenirs, avec un superbe lever de soleil, clôturant quelques 1800m de dénivelé plus bas un weekend fort en émotions !

Merci à Christophe pour ces deux jours, qui ont été l’occasion de parcourir une voie mythique, et d’avoir un apercu de l’alpinisme efficace (à la Moulinator) que l’on se doit d’atteindre un jour pour parcourir les plus belles faces ! Enfin, merci à la FFCAM de nous donner des occaz comme ça !

La sortie sur C2C : http://www.camptocamp.org/outings/802615/fr/la-meije-grand-pic-voie-allain-leininger-face-s-directe-ou-pierre-allain

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